Pour en finir avec La Vie de Galilée !

Au terme de six heures de travail, nous aurons vu que…

– Brecht a réécrit trois fois la pièce entre 1926 et 1956, genèse marquée successivement par la montée du nazisme, la seconde guerre mondiale et ses horreurs, la bombe atomique qui interroge d’une nouvelle manière la responsabilité des hommes de science. Quand Brecht la réécrit en 1939, il veut obtenir « cette brise qui vient des rivages nouveaux, cette aurore rosée de la science. » Mais avec Hiroshima, en 1945, la biographie de Galilée s’éclaire autrement. Le conflit du scientifique avec les pouvoirs de son époque amène avec encore plus de force la question de la responsabilité des scientifiques. Enfin, la dernière version, nourrie de l’histoire récente et notamment de l’affaire Oppenheimer (père de la bombe atomique), s’enrichit de la vie même de Brecht en tant que témoin de l’Histoire et inscrit Galilée au coeur des enjeux de la première moitié du XXème siècle.

– la pièce, composée de quinze tableaux, s’étend sur 27 ans. Cette temporalité longue permet au dramaturge de confronter sur scène des événements éloignés dans le temps et de mettre pleinement en lumière les retournements liés au combat que mène la raison contre l’obscurantisme. La longue tirade finale de Galilée, que nous avons étudiée, propose, à la lumière de tous ces événements, la réflexion d’un homme sur l’ensemble de sa vie et donne au spectateur la définition de ce que devrait être un homme de science.

– La durée de l’histoire présentée sur scène, en un temps de représentation de quelques heures, propose donc au spectateur une fresque haletante qui interroge la responsabilité des hommes de science et incite tout un chacun à placer la Vérité au-dessus de tout, quelles qu’en soient les conséquences.

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Nicolas Bouchaud dans la mise en scène de J-F Sivadier

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A la poursuite du temps… dans une nouvelle d’Italo Calvino

De l’expérience mathématico-littéraire du temps…

Italo Calvino, dans son recueil Temps zéro, interroge notre relation au temps. La nouvelle La poursuite présente un personnage-narrateur, bloqué dans les embouteillages, poursuivi par un tueur. Nous analysons ce texte à la fois du point de vue littéraire et du point de vue mathématique.

SEANCE 1: Lecture de l’incipit

La lecture de l’incipit nous permet de mettre en lumière des éléments d’analyse essentiels pour la suite Le narrateur s’exprime à la première personne et au présent, ce qui brouille immédiatement les repères temporels, et le cadre spatio-temporel, s’il est contemporain, ne permet pas de situer précisément la scène. De quel temps s’agit-il ? Quel temps s’écoule pour le personnage ? Difficile de le déterminer.

On remarque ensuite que le narrateur se lance dans un argumentaire destiné à montrer que les feux de circulation ont été mal réglés, l’occasion pour Anna, professeure de mathématiques, d’évoquer la notion de vitesse, une notion qui n’existe qu’avec la notion de référentiel. C’est le cas dans cet incipit puisque le conducteur oppose son « je » au « eux » des autres conducteurs. Anna explique : si nous sommes deux, A et B, dans un train et que celui-ci avance. La vitesse de B par rapport à A est nulle. En revanche si C nous dit au revoir de l’autre bout du quai, A et B vont à la vitesse du train. Tout est question de référentiel…

SEANCE 2: Confrontons mathématiquement Temps de l’histoire et Temps du récit

Nous commençons par définir ces deux notions.

L’histoire désigne la succession d’événements, réels ou fictifs, et leurs relations d’enchaînement ou de répétition. Le récit désigne le discours qui rapporte cette succession d’événements. Il suppose l’existence d’un narrateur, absent ou présent dans le récit.

Le temps de l’histoire : se calcule en jours, mois années. Il est linéaire et suit l’ordre chronologique

Le temps du récit : se « calcule » en lignes, en nombre de pages, en chapitres…

Nous confrontons ces notions à une représentation graphique permettant de travailler les notions de vitesse moyenne, vitesse instantanée et d’accélération. On compare les différents segments, doués d’une vie propre et on met leur signification en évidence: le cycliste va à vitesse constante, puis à vitesse nulle (il fait une pause), reprend doucement le rythme et accélère d’un coup.

Comment cela se traduit-il littérairement ? En ordonnée, nous plaçons la durée de l’histoire et, en abscisse, le temps du récit:

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Et nous traduisons ! Quelle signification pour la vitesse constante ? L’accélération ? La pause ?

On remarque que la vitesse constante évoque la proportionnalité entre durée de l’histoire et temps du récit, car l’égalité entre histoire et récit est utopique. En revanche, le rythme peut être constant (une page pour une année par exemple).

Les élèves trouvent rapidement que l’accélération correspond à la notion d’ellipse et que la pause est aussi appelée…pause narrative ! Ils expliquent que l’ellipse – « dix ans plus tard » – sert à passer sous silence des événements qui n’ont pas d’importance pour le récit, tandis que la pause, ralentissant le rythme, permet de pénétrer l’intériorité du personnage mais aussi de créer du suspense en suspendant le temps.

On définit ainsi ce que l’on appelle le rythme de la narration c’est-à-dire la relation entre durée de l’histoire et temps du récit

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Amusant de constater que l’on pourrait traduire en graphique mathématique un texte narratif !

Nous confrontons ces notions à l’extrait de la Poursuite, dans lequel le personnage se perd dans ses pensées. Quel en est le tempo narratif ? Anaïs propose la pause. En effet, on a le sentiment que le temps est arrêté. Philippe évoque plutôt la scène, adéquation entre le temps des pensées du personnage et le temps immobile de l’embouteillage. On ne peut se déterminer. La narration à la première personne et au présent entretient une confusion temporelle permanente. Ce brouillage, justement, donne tout son intérêt au texte.

On poursuit avec un autre extrait, dans lequel le narrateur raconte qu’il ne sort pas de la voiture parce que, précédemment, son poursuivant l’a fait et a été surpris par une avancée soudaine, dans l’embouteillage, qui l’a contraint à reprendre le volant.

On fait émerger chez les élèves la notion de retour en arrière, appelée en littérature « analepse » qui s’inscrit dans l’étude de l’ordre du récit, différant de l’ordre (chronologique) de l’histoire.

L’analepse peut être de deux natures: extérieure, elle n’a pas d’influence sur le présent du récit; intérieure, elle agit sur le présent du récit. C’est le cas ici. C’est parce qu’il a vu son poursuivant échouer dans sa tentative de sortir de la voiture que le narrateur ne le fera pas.

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Mathématiquement, cela se traduit par la notion de probabilité conditionnelle, que l’on représente avec un arbre pondéré

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Au terme de ces deux séances, preuve est faite que la question du temps en littérature est mathématique !

La mesure du temps

De la clepsydre à l’horloge atomique

Le contrôle du temps est inhérent à toute activité humaine- agricole, religieuse, maritime, industrielle, etc. Il repose sur le caractère constant de certains phénomène physique : le retour annuel des saisons, le lever quotidien du soleil, l’oscillation régulière des balanciers et des ressorts, la fréquence d’oscillation des cristaux et, plus récemment, l’absorption du rayonnement électromagnétique par les atomes.

La mesure du temps présente deux aspects essentiels : la date de l’événement considéré et la mesure de sa durée, toutes deux avec leur échelle propre.

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 Date et Durée

Dans l’Antiquité, la longueur de la journée a d’abord été découpée en 6 périodes, puis en 12 et finalement, sous l’influence des astronomes, en 24 heures. Ce sont les Babyloniens qui, calculant sur une base de 60 ( ce nombre offre beaucoup de diviseur :1, 2, 3,4, 5, 6, 10, 12,15, 20, 30 et 60) sont à l’origine de la division de l’heure en 60 minutes, division qui s’est finalement imposée au cours des siècle (de même que le cercle a été divisé en 360 degrés, chaque degré en 60 minutes).

Avec l’amélioration des techniques de mesure, le besoin s’est fait sentir de diviser la minute en 60 secondes. Celle-ci était ainsi définie au début de XXe siècle comme la 86 400e partie du jour astronomique moyen, notion trop vague en raison des irrégularités du mouvement terrestre.

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L’année.

Son choix a été dicté par l’apparition des saisons qui se reproduisent avec une période estimée sous Jules César en 45 avant J-C. à 365,25 jours, entraînant la création du calendrier Julien.

La valeur plus précise de la période, 365,242 2 jours, corrigée en 1582 par le pape Grégoire XIII, a entraîné la création du calendrier grégorien actuel.
Cette période est créée par la rotation de la Terre autour du Soleil, donnant l’année, et la rotation de la Terre autour de l’axe de ses pôles, donnant le jour ; ces deux mouvements sont indépendants l’un de l’autre. L’année représente le temps mis par la Terre pour revenir dans la même position après un tour complet sur son orbite, dont la valeur non entière implique la création des années bissextiles. Si l’existence des saisons impose une périodicité rigoureuse des calendriers, les célébrations religieuses périodiques présentent aussi leurs exigences, certaines faisant appel en plus aux cycles lunaires.

Le jour.
L’unité de base est le jour solaire apparent, intervalle de temps séparant le passage du Soleil au méridien, divisé en 24 heures, correspondant à 86 400 secondes.

Si l’on repère la position de la Terre, non par rapport au Soleil, mais par rapport à des étoiles lointaines fixes, on définit le jour sidéral qui est inférieur d’environ 4 minutes au jour solaire apparent. Ce dernier subit en réalité une variation de  30 secondes sur une année en raison de petites irrégularités de la trajectoire de la Terre et de la précession de son axe. Cette variation a obligé les astronomes à définir un jour solaire moyen correspondant au temps séparant la passage au méridien d’un Soleil moyen après exactement 24 heures. En raison des difficultés créées par ces irrégularités, les scientifiques ont été conduits à créer une équation du temps.

Actuellement, pour s’affranchir des difficulté résumées plus haut, la seconde, qui était définie jusqu’en 1967 à partir de la durée du jour solaire moyen, est désormais définie à partir de la fréquence de l’émission lumineuse de certains atomes.

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Théâtraliser le Temps ! (2)

Hugo Paviot et Youlia Zimina entrent en scène !

Après les rappels profs, place aux artistes !

Youlia et Hugo se présentent aux élèves

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Chacun évoque son métier, ce qui l’intéresse dans la question du temps. Tous deux réagissent également aux notions évoquées l’heure précédente. Cela fait écho mais différemment. Car pour Hugo, par exemple, le temps sur la scène théâtrale n’existe pas. Il y a le temps des spectateurs, celui des acteurs mais surtout, celui du personnage dans lequel chacun plonge, le spectateur par l’émotion, l’acteur en l’incarnant, dont on vit un morceau d’existence qui peut durer plusieurs années…alors que notre temps réel, lui, peut n’avoir pas dépassé l’heure et demie. C’est justement la magie du théâtre que ce dépassement du Temps.

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Nous rappelons ensuite les idées évoquées lors du conseil consacré au projet.

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Alors les langues se dénouent et, peu à peu, Mathieu noircit le tableau des mots de tous…

20141216_115858La pensée chemine et se construit lentement, ses ramifications s’étoffent jusqu’à ce qu’in extremis, Narindra propose une idée à travers laquelle toutes les suggestions pourraient se retrouver:

« Ce qui m’intéresse – dit-elle- c’est l’idée que la vie est toute tracée. On se dit « à 18 ans, j’aurai mon bac, à 20 ans, je ferai des études, à 22 ans, je me marierai… » Et finalement, on ne vit pas du tout cette vie-là ! »

Vie programmée ? Vie vécue ?

Des questions passionnantes et qui interrogent le sens même de notre temporalité personnelle…

Théâtraliser le Temps ! (1)

Mardi 16 décembre, nouveau temps fort autour du Temps

Les enseignants engagés dans le projet sont là et surtout, nous accueillons pour la première fois ensemble Youlia Zimina, metteure en scène,et Hugo Paviot, auteur, qui interviendront pour la semaine de création d’avril.

Les enjeux de cette séance ?

– Rappeler les points abordés dans chaque matière et faire des liens entre les disciplines,

– Découvrir nos deux intervenants et leurs points de vue sur la question du temps au théâtre,

– Et le plus important, réfléchir collectivement aux thèmes que les élèves souhaitent aborder, aux chemins à prendre..

Petits rappels, donc !

On extirpe des mémoires les souvenirs et voilà ce que cela donne !

En art contemporain

Piscigraphie/ Pisciphonie  …INSTANT…RÉPÉTITION…CYCLE

Au théâtre

OuzDEUX EPOQUES…CONCORDANCE DES TEMPS…LA BIBLE…TEMPS DU MYTHE

Tratando de hacer una obraRÉVOLUTION…DEUX TEMPORALITÉS…PERSONNELLE ET EXTÉRIEURE…TEMPS FIGE…

Playhouse...TEMPS FORTS D’UNE VIE…INSTANTS COLLES LES UNS AUX AUTRES… UN MONDE SANS TEMPS… SANS DURÉE

En histoire

Evénement…

« ça marque » « ça reste dans l’histoire »…un changement

ça s’inscrit dans un temps linéaire… s’explique par un passé, dessine et éclaire l’avenir

Des témoins des contemporains de l’évènement >> une mémoire, des témoignages.

Un historien face à l’événement >> analyse l’événement en exploitant les différents témoignages et matériaux

Les médias >> pointent et amplifient l’événement

En géographie

La marque du temps dans les paysages

Les transformations des paysages >> traces du passé, du temps qui passe et de l’avenir. >> des strates de temps qui se superposent

Les processus longs se lisent dans les paysages >> industrialisation/ désindustrialisation ( un temps plus cyclique)

En français

Le temps tragique

Le temps du destin…tout tracé.

Échapper au Temps…Œdipe tente de vaincre le temps mais le temps l’a déjà rattrapé, dépassé

Le temps de la scène… deux temps distincts...un rythme de dialogue très rapide mais un temps de l’énigme qui se dilate.

Le temps classique…un acte et la durée d’une bougie…

SES

Les quatre grands paradigmes

– néoclassiques : le temps n’existe pas, pas d’histoire, pas de temps.

– chez les marxistes : l’économie s’inscrit dans l’Histoire, les conflits sont le moteur de l’histoire.

– institutionnalistes : contextualisation ,le pouvoir est à la fois le produit d’une histoire et s’inscrit dans un contexte .

– Keynes : le temps est fondamental (incertitude)

Sans titreEn sociologie

Pas de temps objectif.

Les enjeux politiques organisent le temps

Le temps s’accélère

En mathématiques

Le paradoxe de Zenon

L’homme rattrape-t-il la tortue ?

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Distance...temps/ Espace

Avec l’infiniment petit, le temps devient éternel…« ça ne s’arrête jamais »… »de petite chose en petite chose, on atteint l’infini »

En philosophie

Temps objectif/ Temps subjectif

Conscientiser le temps…Mais qu’est-ce que cela signifie ?

Déjà, des liens se tissent entre certaines notions, on voit que les disciplines des uns et des autres sont poreuses, même si, comme le fait remarquer Sandrine, les mots peuvent avoir des sens différents…L’événement de l’histoire n’est pas celui du roman et la notion d’objectivité en mathématiques et en philosophie pose des questions différentes…

La Nueve, un vent de vérité, de colère et de justice…par Félix Gapin de Première ES

Flyer-Nueve-19-11-2014-XXe-WEBLorsque l’on m’a demandé d’écrire une critique sur la pièce de théâtre, la Nueve, je dois admettre que je n’ai pas su quoi dire et surtout, écrire. Je pense que le message traduit par cette pièce est tellement puissant et transmis avec une telle force par les descendants des anciens combattants qu’il est difficile de donner son avis. C’est peut-être la peur de déformer les choses ou encore le fait que tout est à voir et rien, à dire. Ce que je sais, c’est que j’ai eu l’occasion de voir des pièces de théâtre qui dénonçaient des vérités difficiles à entendre ou à faire comprendre, mais je n’ai assisté qu’à une seule qui ne dénonce pas ni raconte ces vérités mais les fait vivre. Et cette pièce, c’était la Nueve.

arton94-b2a09Je ne vais pas m’attarder à décrire la mise en scène et le jeu des acteurs qui est, de mon avis, surprenant et irréprochable. Non. Néanmoins, je prends quand même le temps de souligner l’impact d’une telle pièce. C’est plus qu’un message. C’est un moment bloqué dans le temps où l’on revit le passé de ces gars qui ont tous vécu des horreurs mais qui ont choisi de continuer à se battre. Certes, pour la vengeance, il faut le dire mais aussi pour la justice qui n’a pas été présente pour eux, pour les autres, pour les familles, leurs amis, leurs copains mais aussi nous. C’est comme un paradoxe temporel où l’on vit  et combat avec ces hommes, où l’on souffre, on danse, on rit, on chante ! La Nueve ne nous montre pas le combat de cette unité mais nous fait combattre aux côtés de cette unité. C’est un moment si fort que le message n’est pas transmis mais vécu.

Pour conclure, la Nueve est une pièce qu’il faut voir, non pas dans un contexte historique ou d’obligation. Mais il est des choses de la vie qui nous font réfléchir et changer. La Nueve en fait partie. SI la Nueve a été par le passé un vent de vérité, de colère et de justice, aujourd’hui ce n’est plus qu’un souffle mais qui porte toujours sa devise et qui traversera toujours le temps afin de nous l’inculquer mais aussi de la transmettre aux générations futures.

Un amuse-bouche temporel par Sandrine, prof de SES !

Sur la relativité du temps

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Si la Terre avait un an… ou comment relativiser notre présence sur Terre…

Si le nouvel an correspondait à la formation de la Terre il y a 4,6 milliards d’années :

– les plus anciennes traces de vie connues (- 3,8 milliards d’années) n’apparaissent que le 5 mars ;

– les premiers animaux terrestres sortent seulement de l’eau le 30 novembre ;

– la chaîne des Alpes peut être qualifiée de jeune chaîne de montagnes, puisque sa formation ne débute que le 22 décembre ;

– les dinosaures disparaissent le 26 décembre, le lendemain de noël. Quel cadeau !

– les plus anciens individus appartenant à la lignée humaine (datés à – 10 millions d’années) apparaissent le… 31 décembre vers 8 heures du matin ; il était temps de se lever !

– Cro Magnon avec lequel nous avons la parenté la plus proche (connu depuis seulement 30000 ans) apparaît le 31 décembre à 23 h 56 ! Il est encore temps de faire la fête !

Sandrine