Nourrir l’humanité d’aujourd’hui… et de demain

Avec aujourd’hui 7,2 milliards d’habitants sur Terre, nous sommes confrontés à un problème majeur : comment nourrir l’humanité, aujourd’hui et plus encore demain ?

Les élèves de 1L et de 1ES se sont mis dans la peau de chercheurs en développement durable et ont écrit une lettre au président de la République, afin de lui faire part de leurs réflexions sur les méthodes de production alimentaire utilisées actuellement et sur leurs impacts à différentes échelle de temps.

– Sur les méthodes développées afin d’augmenter les rendements : utilisation de pesticides, engrais azotés, OGM, bouturage, sélection génétique…

Félix

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scan3 – Sur les risques sanitaires et environnementaux que présentent ces pratiques

Jean-Clément

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scan7 – Sur la prise en compte des conséquences pour les générations futures

Jérémy

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     Le travail sur la question de l’alimentation de l’humanité est aussi un moyen de se poser la problématique du temps court et du temps long, autrement dit de la nécessité de prendre en compte, dans la réponse apportée aujourd’hui, les générations futures…

Le temps tragique dans le théâtre contemporain, comment s’exprime-t-il ? Les Culs de Plomb…suite et fin…

Nous sommes désormais entrés de plain pied dans l’analyse. Les éclairages de l’auteur ont permis de mieux comprendre les enjeux de la scène, les relations entre les personnages et cette approche particulière de l’espace-temps que révèle aussi la mise en scène en plateau nu.

A terme, les élèves vont rédiger un commentaire composé sur la scène. Nous tentons donc, à partir des remarques de chacun, des relevés et de leur analyse, d’organiser le propos et de dégager une problématique.

La difficulté tient justement dans la temporalité. Le personnage de Claire lit un journal intime. Elle devrait être seule. Pourtant, Alex est là et incarne la parole successive de sa mère, son père, et sa propre parole adolescente. Il traverse littéralement son histoire en en prenant possession à la fois physiquement et dans les mots. Le temps d’Alex nous paraît donc au cœur de la scène.

On en profite pour revoir des notions clés: le retour en arrière, analepse en littérature, et la question du rythme que certains élèves ont abordée lors du travail français-mathématiques.

En effet, cette scène est un temps de pause durant lequel l’énigme que représente le personnage principal ouvre ses possibles et tend au spectateur des fils qu’elle lui propose de tisser. Le passé, donc, surgit dans le présent de la scène et du personnage de Claire, un passé éclairant (é-Claire -ant) le présent.

Ce récit rétrospectif connaît cependant un tempo à double niveau. Le journal d’Alex se tient sur onze ans, de seize ans à vingt-sept ans et, pour nous, lecteurs, ne « dure » que quelques pages. Adrien identifie le sommaire, ce procédé qui consiste à condenser le temps en littérature. L’effet est saisissant, Nicolas le dit: « c’est comme si on voyait sa vie en accéléré ! ».

Cependant, une réplique ponctue le déroulé de ces années, une date…sans année, donnant au contraire le sentiment que le temps s’est figé, que nous sommes du côté de la pause narrative.

C’est cette tension entre deux rythmes temporels qui s’opposent qui commence à nous interroger car l’on sent bien qu’ils forment une partition qui permettraient de déchiffrer Alex…

Ne dévoilons pas trop la pièce, ni même nos observations !

Il suffira de dire qu’au terme de deux séances, riches et denses, nous sommes parvenus à établir les problématiques suivantes…

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Tout ce travail a permis de mettre en place et d’organiser les éléments de réflexion sur la scène. Nous avons confronté les plans proposés par les élèves, les avons commentés, améliorés ensemble, tout est en place pour se lancer dans la rédaction d’un commentaire composé…

book_399En clôture ont été proposés aux élèves des extraits de la Mante, second volet du triptyque théâtral initié par les Culs de Plomb, une occasion de questionner le temps théâtral différemment. Dix ans ont passé. Le même personnage, Alex, devenu un peintre célèbre, ne peint que sa muse, Anna Paros. En proie à des cauchemars terribles, dépassé par sa propre violence, il part à la recherche de la mère qui l’a abandonné quand il avait 15 ans.

Nous lisons des passages des scènes 2 et 6 faisant écho à l’immobilité, déjà évoquée dans les Culs de Plomb étudiée, et à ce qui reste de soi dans l’absence. C’est le dernier quart d’heure. Cette lecture arrive au terme d’une séance qui a demandé aux élèves beaucoup d’énergie et de concentration. La séance n’était pas si facile. Cependant, lorsque Yasmine et Yanice, puis Yasmine et Adrien, font résonner les paroles d’Anna et d’Alex, le silence règne.

« C’est très bien écrit… » déclare Adrien… »C’est beau », ajoute Yasmine… »Magnifique ! », renchérit Melaaz… C’est du théâtre mais « on dirait de la poésie »…

Le temps de l’analyse et des lectures est bel et bien fini.

Demain matin, ce sera le temps de l’écriture…

Les Culs de Plomb…L’auteur-metteur en scène a-t-il vraiment pensé à tout ça ?

Etape 2

Le temps nous est compté ! En une heure, il nous faut:

– regarder l’extrait vidéo de la scène analysée en classe

– la comparer aux propositions de Yasmine et Nicolas

– la commenter

…et se préparer à la venue de celui qui nous dira si nous avons suivi ses pas !

On note toutes nos remarques en vrac…et voilà ce que ça donne !

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Un tableau touffu et bien rempli qui rend compte de nos interprétations les plus folles !

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A peine a-t-on réfléchi au sens de la scène que voilà l’auteur qui débarque ! Les mots qui fusaient, tout d’un coup, se font timides, la parole disparaît.

Le metteur en scène commente cependant les idées émergées, validant certaines, s’étonnant d’autres et la prof que je suis n’est pas la dernière à avoir émis des hypothèses qui ne correspondent pas à l’intention de l’artiste. Les élèves s’en amusent…ce n’est pas tous les jours que l’on peut confronter une analyse d’œuvre à son auteur.

Le temps qui sépare les époques, est bien, comme l’a suggéré Wendy, figuré par l’obscurité qui tranche entre les deux couloirs lumineux.

Hugo précise également que les costumes, aux couleurs vives et tranchant avec la nudité du plateau, sont volontairement anachroniques ce qui donne l’impression que les personnages évoluent dans un espace-temps imaginaire, celui du cerveau d’Alex.

La timidité initiale est rompue, et les questions viennent…sur le métier d’auteur, de comédien, sur les choix de mise en scène…

Le thème de la pièce, également, est source d’interrogations. Comment choisit-on son sujet ? Combien de temps (encore et toujours !) met-on à l’écrire ?

DSC_1212Hugo explique que la création dure en moyenne cinq ans, entre l’émergence de l’idée et le point final mettant un terme à la phase d’écriture. C’est comme dans une cocotte, ajoute-t-il, on mélange les ingrédients, on ajoute , et au bout d’un certain temps, cela bouillonne, cela siffle,  l’histoire doit sortir.

Vit-on du métier d’auteur ? Connaissez-vous la censure ? On déborde le thème initial, et pourtant nous sommes au coeur du sujet. Après Brecht et son Galilée, on aborde la question de ce qui constitue l’engagement en littérature.

Au terme de cette séance, on retiendra que…non l’auteur-metteur en scène n’a pas pensé à tout ça…mais il a pensé à beaucoup de choses et, souvent, à des éléments que l’on avait pas repérés.

Mais cela nous empêche-t-il de poursuivre notre travail interprétatif ? Car les mots de l’auteur, les intentions du metteur en scène leur échappent à partir du moment où ils les offrent au regard d’un lecteur ou d’un spectateur.

C’est la beauté du théâtre, chacun y voit un morceau de soi.

Les Culs de Plomb…ou l’expérience du temps tragique dans le théâtre contemporain

Etape 1

Nous entamons, vendredi 23 janvier, une expérience inédite avec les élèves de Première ES-L.

Pourtant, rien d’inhabituel: la séance commence avec la lecture d’une scène de théâtre. On recueille les impressions de chacun et on se lance dans des hypothèses de lecture, des interprétations, que l’on justifie en puisant dans le texte, amassant ainsi peu à peu les pépites qui construiront notre lecture analytique.

Alors inédite ?

Eh bien oui…Parce que nos hypothèses, nos envolées interprétatives, nous allons les soumettre le mercredi suivant à Hugo Paviot, l’auteur de la pièce !

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Dans Les Culs de Plomb, Alex, 29 ans, est dans une clinique depuis deux ans. Selon les médecins, il serait subitement devenu autiste. Claire Martin,l’assistante sociale, s’interroge sur la planète étrange dont Alex parle incessamment et qu’il dit avoir découverte. Il finit par s’enfuit de la clinique et, accompagné de sa fiancée, Delphine, se rend dans le désert algérien.

La scène qui nous occupe s’intercale entre deux scènes de désert. Elle mêle le présent de Claire Martin et les passés successifs d’Alex, incarnés par le personnage lui-même. La question du temps s’exprime alors à plusieurs niveaux. Tandis que le présent paraît presque se dilater, le passé, lui, surgit, et s’accélère de manière vertigineuse pour enchaîner sans répit toutes les étapes fondamentales de la vie d’Alex, étapes ordinaires de la vie d’un adolescent, jeune homme puis jeune adulte jusqu’à ce qu’un événement vienne immobiliser Alex et le figer littéralement dans le temps.

Les remarques fusent, on se questionne sur la distribution de la parole, les motivations des personnages, leurs liens, on interroge leurs échanges et les mots qu’ils emploient, bref, nous menons une véritable investigation littéraire.

En fin d’heure, Nicolas et Yasmine propose leur vision d’une mise en scène possible…

DSC_1210DSC_1211Mais au terme de cette séance passionnante, LA question qui émerge est celle qui brûle les lèvres de tous les élèves en cours de français qui, parfois, regardent d’un air un peu moqueur la prof s’exalter : l’auteur a-t-il vraiment pensé à tout ça ?!!!

Réponse au prochain cours avec…Hugo Paviot !

Beckett…un temps qui n’en finit pas de finir…

21026Fin de Partie est une pièce fascinante, dont le temps peut être considéré comme un personnage à part entière. Qu’est-ce qui finit ? C’est la question que nous nous sommes posés en classe, après la découverte du premier dialogue entre Hamm et Clov, deux des personnages mal en point de l’œuvre.

Est-ce le monde qui finit ? Si tant est qu’il ait jamais existé. Le monde que nous montre Beckett, en tout cas, est construit au cœur d’un temps figé.

HAMM – Quelle heure est-il ?

CLOV – La même que d’habitude.

HAMM – Tu as regardé ?

CLOV – Oui.

HAMM – Et alors ?

CLOV – Zéro

L’heure, synonyme de néant, notion temporelle familière au théâtre classique, est anéantie. Avec cet échange, Beckett donne en représentation un temps qui stagne, qui se répète, de même que les répliques et les gestes se redupliquent à l’infini.

Le temps avance, cependant. Hamm fait référence au passé – « autrefois »-, demande à Clov: »Tu n’as jamais eu la curiosité d’enlever mes lunettes ? », révélant ainsi un passé commun. De même, il évoque le futur  » un jour, je te les montrerai [mes yeux] » mais cela reste un avenir fantasmé, « un jour » équivaut à « jamais » dans un temps où le futur se construit comme un discours creux.

8HAMM – Je ne te donnerai plus rien à manger.

CLOV – Nous mourrons.

HAMM – Je te donnerai juste assez pour t’empêcher de mourir.(…)

CLOV – Alors nous ne mourrons pas.

Le futur en est réduit à une succession de devinettes qui ne ressemblent en rien à un avenir.

Alors comment définir ce temps ?

Peut-être en en faisant le temps de l’entre deux. La récurrence de la didascalie « (Un temps) » allonge le discours, faisant s’écouler matériellement ce temps qui n’existe pas.

La réplique de Clov « Les grains s’ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c’est un tas, un petit tas, l’impossible tas », fait référence au paradoxe du tas énoncé par Eubulide selon lequel il est impossible de décider à partir de quel grain un tas devient tas) repris par Clov est capital : Clov nous dit que soudain un jour, un grain peut faire tas tout en nous affirmant par fidélité au paradoxe d’Eubulide, disciple imaginaire de Protagoras, que ce tas est impossible.

À un moment donné, dans le Temps, une seconde vient, décisive, critique. C’est la fin, le moment, la seconde de la fin comme un grain peut finalement faire tas.
Par conséquence, chaque seconde devient tas, est à la fois, Tout et Rien.
Commence ainsi Fin de Partie. Le grain inattendu aura t-il passé dans le sablier de Clov, la fin aura-t-elle lieu?

Est-ce le temps du joueur d’échecs qui réfléchit au coup…à jouer – « A moi…de jouer », déclare Hamm ? Est-ce à dire que chaque mot, chaque phrase est le coup d’une partie qui se joue ? Sans doute est-ce une clé, dans la mesure où l’on joue pour passer le temps, pour…tuer le temps !

AU fond, on ne peut résoudre le « ça va finir » de Clov, ce qui ne cesse de finir, c’est la fin de pièce, dont on ne peut démêler les fils. Que reste-il, une fois la pièce finie ?  Une « vieille fin de partie perdue », déclare Hamm. La mémoire d’une pièce pour le spectateur qui, dans l’entredeux de la fin s’est jouée…

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A la recherche du temps mathématico-littéraire chez Calvino (suite et fin)

Cette ultime séance est consacrée à l’extrait de la nouvelle qui précède sa chute. Le narrateur, poursuivi, se demande si son poursuivant n’est pas lui-même poursuivi et si lui, notre narrateur, ne serait pas, par la même occasion, en train de poursuivre quelqu’un. L’extrait, complexe dans sa formulation même, multiplie les répétitions, « poursuivant » et « poursuivi » s’enchaînent et se font écho jusqu’à entraîner le lecteur dans une confusion intense. On ne sait plus qui est qui.
C’est là qu’Anna, formée aux mathématiques pures, intervient. Elle prévient les élèves que ce qui va suivre est du niveau de licence ! Face à elle, les yeux s’écarquillent…il faut dire que sont mêlés des élèves de ES et STMG, accoutumés aux maths, et ceux de filière L qui découvrent presque une langue étrangère !
C’est parti pour l’autre monde, comme dit Sami ! Un monde fait de groupes, d’anneaux et de corps…Anna déclame… »Groupanocor »…écrivons-le à la Queneau !

Elle explique en transformant les signes mathématiques (multiplier et additionner) par les idées exprimées dans la nouvelle: attente et poursuite. Elle montre ainsi la commutativité et, surtout, l’impensable: si l’on suit le raisonnement, le poursuivi peut aussi se mettre à poursuivre son poursuivant. Les élèves s’étonnent ! Pourtant, au vu du récit qu’on leur a présenté, un monde clos, celui de l’embouteillage, il y a fort à parier que les personnages commencent à tourner en rond, prisonniers de leur monde et finissent par inverser les rôles.

Les mathématiques, donc, offrent une clé à l’histoire !

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En littérature, on s’interroge sur la fréquence. Plusieurs situations littéraires se présentent dans le texte narratif:

on peut raconter une fois ce qui s’est passé une fois; raconter n fois ce qui s’est passé n fois; raconter n fois ce qui s’est passé une fois, en variant les points de vue, le récit alors se répète mais n’est jamais le même; raconter une seule fois ce qui s’est passé n fois, ce qu’on appellera le récit itératif.

Quelle situation de fréquence apparaît dans cet extrait ? Les réponses fusent: cela n’arrive qu’une fois. Non ! Ça se répète ! Ça se répète mais pas avec les mêmes personnages.

En réalité, on doit s’avouer vaincu: les repères temporels nous manquent. Rien ne permet de sortir de la confusion, c’est justement ce qu’entretient savamment Calvino. Il brouille les pistes.

Pour conclure, nous demandons aux élèves d’imaginer la chute de cette histoire. Ils écriront ce qui suit la phrase suivante

« A examiner mieux les données de la question, une des hypothèses qui se présentent est la suivante: que j’aie été chargé de tuer une personne et de ne pas me servir d’une arme contre personne d’autre sous aucun motif: en ce cas, je ne serais armé qu’à l’égard de ma victime, et désarmé à celui de tous les autres. »

FLORILEGE !

Thomas Tle L

Suite à cette interminable poursuite, je décide de prendre la décision suivante, je dois mettre fin à ce cercle infernal ou je ne saurais être en paix, je ne peux me permettre de passer mon temps à fuir de la sorte.Me vient alors une brillante idée. Je bondis hors de mon véhicule, me jetant sur le côté tout en m’abritant entre deux voitures avec, pour résolution, de stopper cette folle course. Mon poursuivant arrive, suivi lui-même par le sien et ainsi de suite, je commence à ouvrir le feu sur ce mystérieux individu. le voilà qui s’écroule à terre, victime de l’une de mes balles. C’est alors que je vois son poursuivant remonter dans son véhicule et poursuivre sa route comme si de rien n’était. Je comprends instantanément que cette poursuite insensée a pris fin.

Samuel Tle L

Cependant, aucune de ces hypothèses n’est maintenant envisageable. Étant donné que la balle que mon poursuivant a tirée m’a atteint. L’infinité de ces anneaux n’a pu vaincre la finitude de ma vie.

Sami Tle L

Mais en prenant un autre facteur en compte, celui du réservoir d’essence, j’ai peut-être une chance de m’en sortir. En imaginant que tous les poursuivis et poursuivants soient partis avec le réservoir plein, que tous aient des moteurs essence et non diesel, nous sommes en poursuite depuis six cents kilomètres maintenant, la logique veut que nous tombions tous en panne en même temps. Prenant en compte mon passé d’athlète au 3×500, j’ai, à pied, toutes les chances de m’en sortir. Sachant que je mets une minute vingt pour parcourir cinq cents mètres, la distance exacte entre moi et le prochain métro, et qu’il y a un métro toutes les trente secondes, je peux avoir la vie sauve dans deux minutes. Bingo.

Narindra 1ère L

L’autre hypothèse est que je n’avais pas d’autre choix que de mettre fin à mes jours, afin d’arrêter cette chaîne de poursuite. Peut-être que ma mort stoppera (ou peut-être pas) cette poursuite.

Anaïs 2de

Et si finalement, je suis désarmé face à tous les autres mais que ces autres sont en réalité des poursuivants, dans ce cas-là, je suis maintenant chargé de tuer non pas une mais des centaines de personnes, ce qui ferait de moi un poursuivant poursuivi par des poursuivants. Mais comment identifier mon principal poursuivant ? Pour pouvoir m’en tirer, il faudrait donc que la propriété poursuivant soit commutative, c’est-à-dire que quiconque poursuit soit à son tour poursuivi et que quiconque est poursuivi poursuive. Je suis déjà un peu rassuré de savoir que je ne suis pas le seul poursuivi, je peux donc reprendre ma course-poursuite dans le calme.

Ruben 1ère STMG

Ils meurent les uns après les autres. Il ne reste qu’un highlander.

Philippe Tle ES

Le poursuivi voyant que cette poursuite n’en finit pas décide de se garer et de prendre son courage à deux mains. IL est en plein milieu d’un parking de supermarché. Il rentre dans le supermarché et se rend compte que le poursuivant le suit toujours. Il court dans les rayon et tombe sur le rayon Chasse et Pêche. Voyant une tente, il se dit qu’après tout, la probabilité que son poursuivant le trouve est infime et il décide de rentrer dedans. Il attend, compte le nombre de passants dans le rayon et reste sur le qui-vive. Après des heures passées dans la tente, il décide de sortir car le magasin est fermé, il est soulagé, il a perdu son poursuivant. Mais tout à coup, il se dit qu’il n’a pas calculé la probabilité sur son arbre pondéré que son poursuivant se cache…

Romain Tle ES

Ce pourquoi j’ai décidé d’accélérer autour du rond-point. La voiture me colle,  j’accélère, je pousse les voitures, passe devant, freine, accélère, grille les feux, rentre dans l’arrière du poursuivant de mon poursuivant qui voulait tuer le poursuivant de mon poursuivant qui lui-même voulait tuer mon poursuivant. Grâce à cette manœuvre, le poursuivant rentre dans un mur, ce qui rompt la chaîne. Grâce à cette manœuvre, mon poursuivant se fait tuer par son poursuivant.

Ca va finir…Le temps beckettien

Intérieur sans meubles.

Lumière grisâtre.

Aux murs de droite et de gauche, vers le fond, deux petites fenêtres haut perchées, rideaux fermés.

Porte à l’avant scène à droite. Accroché au mur, près de la porte, un tableau retourné.

A l’avant-scène à gauche, recouvertes d’un vieux drap, deux poubelles l’une contre l’autre.

Au centre, recouvert d’un vieux drap, assis dans un fauteuil à roulettes, Hamm.

Immobile à côté du fauteuil, Clov le regarde. Teint très rouge.

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 Il va se mettre sous la fenêtre à gauche. Démarche raide et vacillante. Il regarde la fenêtre à gauche, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête, regarde la fenêtre à droite. Il va se mettre sous la fenêtre à droite. Il regarde la fenêtre à droite, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête et regarde la fenêtre à gauche.

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Il sort, revient aussitôt avec un escabeau, l’installe sous la fenêtre à fauche, monte dessus, tire le rideau. Il descende de l’escabeau, fait six pas vers la fenêtre à droite, retourne prendre l’escabeau, l’installe sous la fenêtre à droite, monte dessus, tire le rideau, il descend de l’escabeau, fait trois pas bers la fenêtre à fauche, retourne prendre l’escabeau, l’installe sous la fenêtre à fauche, monte dessus, regarde par la fenêtre. Rire bref. Il descend de l’escabeau, fait un pas vers la fenêtre à droite, retourne prendre l’escabeau, l’installe sous la fenêtre à droite, monte dessus, regarde par la fenêtre. Rire bref.

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Il descend de l’escabeau, va vers les poubelles, retourne prendre l’escabeau, le prend, se ravise, le lâche, va aux poubelles, enlève le drap qui les recouvre, le plie soigneusement et le met sur le bras. Il soulève un couvercle, se penche et regarde dans la poubelle. Rire bref. Il rabat le couvercle. Même jeu avec l’autre poubelle. Il va vers Hamm, enlève le drap qui le recouvre, le plie soigneusement et le met sur le bras. En robe de chambre, coiffé d’une calotte en feutre, un grand mouchoir taché de sang étalé sur le visage, un sifflet pendu au cou, un plaid sur les genoux, d’épaisses chaussettes aux pieds, Hamm semble dormir.

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Clov le regarde. Rire bref. Il va à la porte, s’arrête, se retourne, contemple la scène, se tourne vers la salle.

DSC_1228Merci à Jérémy-Clov, Nino-Hamm et NIcolas-didascalielecteur de nous avoir permis de mettre en corps, en objets et en rires brefs cette scène initiale de Fin de Partie !

A suivre…