La parole est aux élèves !

Wendy

J’ai beaucoup aimé les deux pièces, le Moche et Perplexe. C’était très drôle. Le seul truc que je n’ai pas apprécié et qui m’a mise mal à l’aise, ce sont les moments de nudité…La rencontre avec les acteurs et la metteure en scène était vraiment intéressante (avant et après le spectacle) même s’il fallait vraiment s’imposer pour pouvoir leur parler.

Jérémy

J’ai bien aimé les deux pièces. j’ai trouvé la première très bien et la deuxième était un peu désordonnée mais sur le fond, certaines scènes étaient raccord. J’ai bien rigolé ! Merci.

Yasmine

Une rencontre magnifique avec une actrice humble, naturelle et très sympathique. Les deux pièces étaient très intéressantes mais très différentes. Le Moche était structuré, alors que Perplexe partait vraiment dans tous les sens ! Beaucoup d’humour et le jeu d’acteur était juste…OUFISSIME ! La mise en scène était géniale. C’est pour moi, de loin, les meilleures pièces qu’on a vu depuis le début d’année !

Adrien

La rencontre avec Adèle et Maïa était riche en découverte. J’ai été particulièrement surpris par leur vivacité d’esprit, elles abordaient des sujets complexes, tels que la place de la beauté dans la société avec une assurance déconcertante. Alors…qu’est-ce que la beauté dans la société ? Une image ? Un héritage ?

Yanice

Je n’ai pas pu profiter pleinement de la pièce parce que je n’étais pas idéalement placé…J’aimerais donc revoir Le Moche et Perplexe ! Sinon, de ce que j’ai pu observer, d’un oeil…perplexe, il faut le dire, j’ai vraiment apprécié la pertinence et la subtilité avec lesquelles le sujet a été traité. La beauté est un sujet intéressant car c’est n thème plus présent qu’on ne le croit, il est même omniprésent dans nos bies. C’est cette coquille qu’est l’apparence qui nous donnera ou non l’envie d’un contact avec la personne que l’on a en face de nous et qui nous rend attirant ou non. C’est le moment de prendre conscience des premiers jugements que l’on peut avoir, et qui sont souvent infondés…

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Maïa Sandoz et Adèle Haenel dans notre classe au Microlycée…La classe !

trilogieHier, grande journée avec les élèves de 1ère ES-L. Dans notre parcours théâtral, Le Moche et Perplexe, deux pièces de Marius Von Mayenburg, qui traite de la question de l’identité dans notre monde…vaste sujet ! Nous commençons la séance en lisant des extraits de chacune de ces pièces et notons au tableau toutes les réflexions qu’elles nous inspirent. Cela tourne autour de la beauté, de sa signification dans la société d’aujourd’hui, de la subjectivité, de la discrimination. Ce texte dans lequel une femme dit à son mari qu’il est moche, qu’elle ne lui a jamais dit parce qu’elle aimait sa beauté intérieure mais se montre incapable de le regarder autrement que dans l’œil gauche…nous trouble un peu ! Peut-on aimer quelqu’un qu’on trouve laid ? Et que devient la notion même de beauté si tout le monde est identiquement beau ?

Nous enchaînons sur Perplexe qui nous laisse…perplexes ! On sent que la pièce est drôle, et en même temps, elle produit une sorte de malaise. Les allusions au nazisme ne sont pas étrangères à ce sentiment…

DSC_1333Nous avons à peine terminé que déjà, Maïa et Adèle arrivent ! Le dialogue s’installe un peu timidement. Toutes deux se présentent, et on lance la discussion sur le thème de la beauté. Adèle Haenel évoque la question des normes, l’injonction sociale à ressembler à tel ou tel visage, à couper les choses qui ne vont pas, à photoshoper ce qui n’est pas normé. Les élèves réagissent. « C’est subjectif, la beauté ! » s’exclame Yasmine. « Subjectif, oui, mais quand les média, l’image impose une beauté, comment faire ? » renchérit l’actrice.

DSC_1337Félix prend la parole : « Mais la beauté, ce n’est pas que le physique, on peut être touché par le geste d’un enfant, le trouver beau. Et cela n’entre dans aucune norme, c’est un moment fragile que l’on retient et qui incarne la beauté. » Les deux artistes acquiescent. Au fond, nous sommes d’accord pour dire que le monde nous impose une norme qui ne correspond pas forcément à nos goûts. Du coup, cela pose la question de la mise en scène et des indications scéniques de l’auteur : l’acteur jouant le moche ne devra pas l’être particulièrement, et les physiques ne changeront pas malgré les opérations de chirurgie esthétique.

DSC_1343Cela nous interroge sur le jeu : comment montrer alors le changement ? Maïa explique que la posture va se modifier, l’ouverture du corps, mais surtout – et c’est la magie du théâtre – qu’il suffit de dire, dans le dialogue, qu’un personnage est beau pour que le spectateur y croit. De fait, nous le vivrons dans cette pièce démente, le soir même. Le moche, sollicité par tous, surtout par les femmes mais pas seulement, dégage un sex-appeal indéniable lorsque l’on voit tout le monde se l’arracher.

Nous enchaînons sur Perplexe. Adèle Haenel nous prévient : il faut se laisser porter par la pièce qui fonctionne comme un mécanisme qui s’emballe peu à peu. Les personnages, au fil du texte, en deviennent d’autres par des jeux d’alliance et de rejet. La metteure en scène nous en raconte la genèse : les quatre comédiens qui ont créé le spectacle sont bien connus des spectateurs et, de fait, le spectacle fonctionne aussi sur des clins d’œil qui nous échappent. Néanmoins, lorsque le soir, nous nous retrouvons au cœur de cette épopée endiablée, on se laisse complètement emporter par le flot d’événements incongrus qui s’enchaînent, un homme à tête d’élan, un enfant en uniforme nazi, une bonne qui se fait martyriser, les acteurs s’en donnent à cœur joie et leur abattage nous réjouit totalement !

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Mais revenons à la classe !

Yasmine se lance : « Pourquoi vous êtes devenue comédienne ? »

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Adèle Haenel nous raconte que dès l’âge de cinq ans, elle a pris des cours de théâtre, qu’elle a enchaîné très vite, un premier film à 12 ans, un autre à 17, une pause pour les études et un retour au cinéma et au théâtre. Quant à la question de l’envie du métier, elle se livre : « quand j’étais au lycée, j’avais un peu l’impression de jouer un rôle, du coup, ça m’a semblé naturel de faire du théâtre, mais ça ne l’était pas tant que ça parce que la question qui se pose c’est : où est-on vrai ? Dans la vie ou sur scène ? ». Le masque…l’identité, on y revient, cela rejoint des thèmes que nous avons abordé en étudiant le théâtre… Elle nous dit aussi qu’elle n’a pas eu une formation « officielle » (une école, un conservatoire) et que finalement, ce n’est pas plus mal car c’est aussi ce qui la pousse à travailler beaucoup pour avancer dans son métier.

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Et ce spectacle, ensemble, comment est-il né ? Maïa Sandoz est aussi actrice et toutes deux se sont rencontrées sur un tournage. Quelques parties de ping-pong, des bières partagées, des sorties au théâtre entre amies et hop ! L’envie de travailler ensemble au théâtre était née ! L’heure a tourné. On se donne rendez-vous au théâtre des quartiers d’Ivry pour la représentation. Deux heures trente de folie théâtrale, une folie qui semble inimaginable mais qui pourtant décrit impitoyablement le monde dans lequel nous vivons et ses absurdités. Une folie drôle et entraînante portée par des comédiens au rythme effréné.

image_fichier_fr_img_1108.a.danica.bijeljac.bd Mais l’émotion, cependant, ne manque pas, notamment lorsque le moche, devenu beau, contemple ses doubles dans un miroir et se parle à lui-même tandis qu’Adèle Haenel chante au micro la chanson de Joe Cocker « you are so beautiful ». Nous sortons ravis, attendons les acteurs pour les féliciter et les remercier.

La soirée s’achève, le prochain rendez-vous théâtral, c’est le nôtre, la semaine de création approche…au tour des élèves de déployer leur imaginaire sur le temps…

Nous remercions chaleureusement Maïa Sandoz et Adèle Haenel pour leur gentillesse et leur disponibilité !

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Avec Roland Lehoucq…un voyage à la vitesse de la lumière !

2775934Jeudi 12 mars, l’aventure temporelle se poursuit avec un invité de marque, Roland Lehoucq, astrophysicien de renom, qui a accepté gentiment de prendre de son temps pour venir répondre à nos questions, toutes plus foisonnantes les unes que les autres ! C’est parti pour trois heures de rencontre, sans temps mort, totalement vertigineuses !

Est-ce que la gravité change le temps qui passe ?

[une première question des élèves qui nous met d’emblée dans l’ambiance…]

Dans le film « Interstellar », une heure sur une planète correspond à plusieurs années sur la Terre. Donc les gens qui vont sur cette planète ont moins vieilli que ceux qui sont restés sur la Terre. C’est un ressort dramatique du film mais est-ce possible ?

Explications : effectivement, la gravité influence l’écoulement du temps. Elle est liée à la chute des corps (Newton). Toutes les masses s’attirent entre elles (force de gravité de Newton qui dépend de la masse de la terre, de la distance de l’objet par rapport au centre de gravité de la Terre). Ex : sans air qui frotte, deux corps tombent à la même vitesse, quelle que soit leur masse (une plume et une enclume). Cela renvoie à la différence fondamentale entre le poids et la masse. La masse c’est la quantité de matière qui constitue un objet ; la masse est donc toujours la même dans l’espace, sur la Terre ou sur la Lune… Le poids mesure l’influence de la force de gravité sur la masse, force avec laquelle la Terre attire la masse. Le poids est donc différent sur la Terre ou sur la Lune mais leur force de gravité est différente. La gravité de la Lune est environ 6 fois moindre que celle de la Terre. Celle du Soleil est 26 fois supérieure à celle de la Terre. Tout se passe comme si le centre de gravité de la Terre « tirait » avec une force sur le centre de gravité de l’objet. Le fait que les planètes tournent autour d’une autre planète, c’est parce qu’elle sont attirées par elle. La gravité a été découverte par Galilée, grâce aux expériences qu’il a faites, puis par Newton qui l’a théorisée. Einstein a proposé une autre théorie de la gravitation plus générale que la théorie de Newton qui fonctionnait plutôt bien pour expliquer beaucoup de phénomènes mais qui ne fonctionnait pas pour expliquer certains phénomènes. Einstein a élaboré la théorie de la relativité générale qui montre que la gravité a une influence sur le temps. Theorie que l’on tente toujours de vérifier par des exepriences de plus en plus précises et qui valident toujours cette théorie. Une théorie n’est scientifique que si elle rend compte des apparences du monde et si elle fait des prédictions qui seront à plus ou long terme, vérifiées ou confirmées par des expériences.

note 3 mars 1031Ex : si on prend deux horloges, une sur la Terre et l’autre en satellite autour de la Terre, en orbite, de façon à ce que la première subisse davantage que la seconde, la gravité de la Terre. Ces horloges sont des horloges atomiques, d’une précision extraordinaire. Par cette expérience, on va observer un léger décalage entre les deux horloges, de l’ordre de 46 millionièmes de seconde par jour : l’horloge terrienne va subir plus que l’horloge satellitaire la gravité de la Terre et donc l’écoulement du temps. En quelque sorte, elle « vieillit » plus vite. Autrement dit, l’horloge au sol retardera par rapport à l’autre, située en altitude. Cette différence peut paraître dérisoire, parce qu’elle n’est pas perçue par nos sens d’humains, mais elle peut avoir de très importantes conséquences. Par exemple, elle peut engendrer des erreurs de positionnement par GPS de plusieurs kilomètres. Quel intérêt d’utiliser un GPS qui nous positionnerait à quelques kilomètres de notre position réelle ? Conséquence : il faut corriger cette erreur de calcul. Un GPS reçoit en effet des ondes radio envoyées par les satellites et en déduit sa position dans l’espace. Les ondes radio (comme la lumières) permettent de mesurer la distance parcourue par la lumière en x secondes : le temps mis par la lumière pour aller d’un point a un autre permet d’en déduire la distance entre ces deux points puisqu’on connaît la vitesse de la lumière (vitesse = distance / temps). Quatre satellites sont nécessaires pour avoir les quatre coordonnées d’un GPS dans l’espace-temps : altitude, latitude, longitude et heure. Ainsi, à cause de la différence dans l’écoulement du temps, de 46 millionièmes de seconde par jour, entre un satellite et la Terre, il faut corriger par le calcul la position du GPS, pour qu’elle soit correcte. note 3 mars 1037La vitesse de la lumière est de 300000km par seconde. La lumière est donc capable de faire 7,5 fois le tour de la Terre en une seule seconde. C’est Fizeau qui est un des premiers à mesurer la vitesse de la lumière et qui ont fait la différence entre la vitesse de la lumière, la vitesse du son et la vitesse de l’objet. L’effet Doppler-Fizeau est dû au mouvement relatif entre la source et l’observateur: il la perçoit plus bleue qu’elle n’est si elle vient vers lui, et plus rouge, si elle s’éloigne. En général, la vitesse d’un objet est relative selon la place de l’observateur. La vitesse d’un objet par rapport au sol et par rapport à un observateur fixe est la même ; elle est deux fois plus grande que la vitesse de l’objet au sol, pour un observateur qui croise l’objet à la même vitesse ; elle est nulle pour un observateur qui va à la même vitesse par rapport au sol que l’objet. Mais, en ce qui concerne la vitesse de la lumière, elle a la propriété particulière d’être la même quelle que soit la place et la vitesse de l’observateur. La vitesse de la lumière ne se compose pas avec les autres vitesses (elle ne s’additionne pas et ne soustrait pas aux autres vitesses). C’est dû à des propriétés fondamentales de l’espace : homogénéité de l’espace, isotropie, uniformité du temps et principe de causalité. Grâce à ces propriétés, on peut démontrer qu’il existe une vitesse identique dans tous les référentiels (vitesse invariante). Cette vitesse, on ne sait pas ce qu’elle est, mais on a montré que la vitesse de la lumière a ces propriétés. N’importe quel objet sans masse, comme une particule, a les mêmes propriétés que la vitesse de la lumière. Cette vitesse ne peut pas être dépassée. La vitesse de la lumière est très grande et finie. Est-ce qu’un observateur voit une réalité au même moment où celle-ci se produit ? Non, car il y a le délai de la vitesse de la lumière ; mais ce décalage, dans la vie courante (un clignement d’œil ou une voiture qui se déplace sur une route) n’est pas perceptible par les sens humains. [imaginons un personnage qui aurait la possibilité de percevoir ce décalage et qui, du coup, serait tout le temps en décalage avec les autres parce qu’il serait « calé » sur la réalité et non la perception que les autres en ont…].

Le « paradoxe des jumeaux » ?

note 3 mars 1036 Si on reprend l’expérience des deux horloges, avec une qui reste sur Terre et l’autre qui fait un grand voyage dans l’espace à très grande vitesse et qu’on revient sur Terre, chacune mesurant avec une grande précision la durée de leur voyage, on va pouvoir observer que l’horloge terrienne va trouver un temps plus long que celle qui a voyagé. L’horloge qui a voyagé a donc donc moins « senti » le temps terrien qui passe. En remplaçant les horloges par deux jumeaux, on pourrait montrer que celui qui est resté sur Terre a plus vieilli que celui qui a voyagé. [Les voyages forment la jeunesse !!!] C’est l’effet de dilatation des durées, montré par des expériences, qui vérifie la théorie d’Einstein (1905). La théorie d’Einstein est donc encore valide, parce que l’on n’a pas encore réussi à faire des expériences qui l’infirment.

Prédiction ?

note 3 mars 1035

La dernière heure, on part toujours plus loin, Roland Lehoucq nous parle de sa « prédiction », la sienne et celle de ses copains sur l’univers. Parce que lui, en tant que physicien, il n’aime pas trop les infinis. Les profs de maths réagissent: les infinis, c’est leur domaine ! Le ton est bon enfant, l’astrophysicien poursuit: les infinis, nous, ça nous titille !

Notre prédiction, c’est que l’univers est fini mais non-limité. Compliqué ! Le scientifique nous explique avec une simple feuille A4. Si on la regarde comme ça, elle est finie et bornée par ses bords. Si on la roule en cylindre, elle n’est plus bornée que de deux côtés. L’hypothèse, donc, c’est que l’univers est clos sur lui-même. Mais comment la confirmer ? L’explication devient de plus en plus complexe. Pour vérifier cette prédiction, on devrait voir, dans l’univers, des structures particulières, trouver des paires de cercles qui soient constitués d’un enchaînement chaud-froid toujours semblable.

Fascinant ! On se prend à espérer que l’on apprendra un jour que cette prédiction s’est réalisée !

En attendant, une question de Félix. SI l’on s’enferme dans un SAS et que le temps passe plus vite en extérieur, en imaginant que le SAS soit une fusée et que dix ans à l’intérieur équivalent à un million d’années sur Terre, pourrais-je découvrir des civilisations sur d’autres planètes qui n’existaient pas quand j’étais sur Terre. Le scientifique acquiesce et ajoute: » Si tu revenais, le monde aurait disparu ! » Il en profite pour nous conseille Tau Zéro, un roman de science-fiction de  Poul Anderson, qui relate une situation sensiblement identique…On note !

Mais alors le Temps, qu’est-ce que c’est ?

DSC_1326On retiendra que ce qu’on appelle une distance, dans l’espace, ne vaut que parce qu’elle est spatio-temporelle. Le Temps est donc…une distance !

L’heure a tourné, le temps, comme toujours, nous échappe !

Nous remercions chaleureusement Roland Lehoucq pour sa disponibilité, sa gentillesse, ses explications lumineuses et habitées et pour avoir su traduire son langage, celui des équations, en un verbe qui nous soit plus accessible…

Merci à Sandrine pour ses notes virtuoses des deux premières heures de rencontre !

La matière noire, nous a dit Roland Lehoucq, c’est l’invisible qui explique le visible…

Une autre définition de la poésie…

Projet Penthésilée…bonus !

Quelques retours d’élèves…et de profs sur cette expérience théâtrale !

Wendy

Tout d’abord, le début où il y a « les groupes » et que l’on vient te chercher m’a beaucoup dérangée et mise mal à l’aise. Cela m’a semblé mal organisé. Ensuite, la pièce, en elle-même était plutôt bien mais, dans tous les cas, je ne suis pas très théâtre ! »

Jérémy

Cette répétition était une première pour moi, et le fait d’avoir été mis en situation avec ces bâches m’a fait un drôle d’effet. La répétition en elle-même était bien, j’ai bien aimé Ulysse et sa manière de jouer.

Kevin

J’ai trouvé ce spectacle étrange et inattendu. Au début, en entrant dans la salle, je me suis senti perdu, ne sachant pas où me mettre. Les dialogues étaient super, j’ai bien aimé mais pas trop le jeu de scène car il fallait regarder partout pendant les scènes, ce qui empêchait de bien rester concentré.

Marine

L’arrivée au théâtre était curieuse, intimidante car nous ne savions pas à quoi nous attendre et où nous mettre, du fait que les sièges étaient recouverts par des bâches. Quand ils nous prenaient par groupes, nous ne savions comment  réagir. L’ambiance était très spéciale et nous ne savions plus où regarder. Mais cette étrangeté m’a bien intriguée et donné envie de voir la pièce pour creuser ces étranges personnages.

Félix

J’ai beaucoup aimé assisté à cette représentation, néanmoins, j’aurais aimé assister à des scènes non finies, plutôt qu’à des scènes terminées. J’ai bien aimé l’utilisation de la vidéo dans la pièce. Et j’ai vraiment apprécié le jeu des acteurs que j’ai trouvé excellent. Néanmoins, le début m’a choqué et je n’ai pas vraiment aimé. Toutefois, j’ai hâte de voir la pièce en entier !

Farid

Le début du spectacle était chargé de suspense et attisait ma curiosité de voir la suite…Je me suis posé beaucoup de questions: ce désordre est-il voulu ou bien fait-il partie de la pièce ? J’ai commencé à comprendre lentement que tout était fait pour attirer mon attention, ce qu’ils ont réussi ! Les acteurs étaient tellement passionnés qu’ils ont réussi à nous communiquer un intérêt pour cette histoire que je n’arrive toujours pas à situer, ni dans l’espace, ni dans le temps…puisqu’ils parlaient de questions intemporelles, la guerre et l’amour. Des questions qui nous tiennent toujours à cœur.

Florence

Étrange, cette arrivée dans la salle de spectacle. Je me fais alpaguer par une femme qui me déclare son amour, une autre m’entraîne en arrière-scène et disparaît sous la bâche noire. J’avoue que j’ai été perturbée. Je me suis demandé si tout le spectacle allait être sur ce mode, je l’ai craint même ! Cependant, une fois installée sur les gradins placés en scène, j’ai apprécié de « faire » partie du spectacle. Tout d’un coup, l’Histoire venait à nous, par ces personnages qui habitaient l’espace avec beaucoup d’intensité. J’ai été sensible à l’idée du champ de bataille et aux décors minimalistes qui faisaient de cette pièce une aventure contemporaine. Et puis les mots…quelle beauté !

« Projet Penthésilée »…une plongée contemporaine dans le monde antique !

Mardi 3 mars, la classe de 1ère ES-L est de sortie !

Le théâtre de Choisy le Roi nous a invités à assister à une répétition publique de Projet Penthésilée, une pièce de Heinrich Von Kleist (XVIIIème) , mise en scène par CatherineBoskowitz.

Nous arrivons sans savoir grand chose de la pièce, sinon cet argument:

17-Penthesilee©DR-200x250Chef de l’armée des Amazones, Penthésilée conduit ses guerrières sous les murs de Troie. Insensibles à la querelle qui oppose Grecs et Troyens, elles renversent tout sur leur passage. Assoiffée de liberté, Penthésilée refuse la loi des hommes, mais également celle de son peuple qui lui interdit de choisir l’homme qu’elle désire. L’histoire de Penthésilée entre en résonance avec celle de femmes surgies des luttes armées des années 70 ou des révolutions plus récentes comme celles du printemps arabe. Par leurs gestes extrêmes, leur désobéissance, elles défient les lois de représentations du genre féminin. Catherine Boskowitz s’empare du poème Penthésilée écrit par Heinrich von Kleist. Elle crée dans l’histoire de cette guerrière des interstices dans lesquels elle laisse apparaître les silhouettes de celles qui ont choisi de ne plus obéir. Elle tisse ainsi la toile de fond d’une réflexion sur la perception et le rôle de la femme, sur la désobéissance et la violence.

C’est alléchant, pour autant, cela ne nous a pas préparés à ce que nous allons découvrir ce soir-là. Quand nous entrons dans la salle, l’atmosphère est très étrange. Le plateau et les sièges des spectateurs sont recouverts d’une bâche noire, des objets épars habitent la scène, des gens circulent dont on ne sait s’ils sont comédiens. Notre entrée est timide. Spontanément, tout le monde s’entasse côté spectateurs mais cela ne dure pas. On vient nous chercher.

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Une femme blonde, altière, une rose à la main, s’avance vers nous et fait à chacun une déclaration d’amour. Nous sommes tous gênés ! On rit, mal à l’aise. Les uns se font entraîner dans des espaces du plateau, un petit groupe se retrouve installé par une comédienne en béquille dans des sièges apportés sur la scène, les autres suivent un comédien qui les enjoint de frapper des mains, accroupis.

IMG_0244Bizarre !

Et puis, le spectacle commence. Nous assistons à trois scènes de Projet Penthésilée, et la langue du XVIIIème, traduite par Julien Gracq, est jetée dans un champ de bataille contemporain où se rencontrent les images des drones, les soldats qui font des selfies, personnages porteurs d’une histoire antique qui résonne dans l’actualité.

Les spectateurs n’ont pas de répit, la scène est aussi dans la salle. Il faut avoir les yeux partout.

A l’issue de cette heure de découverte, nous nous installons pour discuter avec l’équipe du spectacle.

Les élèves sont très réactifs.

Yasmine dit qu’elle a beaucoup aimé la discussion avec la comédienne en béquille, maquillée en clown, sur la question de la douleur et de nos trucs à tous pour la supporter. Mais elle émet une réserve, elle s’est sentie profondément trahie quand, après avoir fini de se maquiller, la comédienne a ôté son attelle et marché tout à fait normalement. La question du mensonge, du jeu, du masque, surgit. L’équipe se montre très intéressée par ce retour qu’elle n’avait pas imaginée !

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Félix, quant à lui, revient sur l’usage des vidéos. Il dit à quel point sa génération, une génération ultra connectée, est spontanément attirée par les écrans sur scène au détriment des personnages et du texte.Cependant, il explique que ça l’a intéressé d’autant qu’il a reconnu les vidéos. Catherine Boskowitz est surprise. Félix enchaîne et l’interroge sur la genèse du projet. La metteure en scène explique qu’elle le porte depuis de nombreuses années. Elle circule beaucoup à travers la planète et notamment dans les pays en guerre et, en tant que citoyenne du monde, son engagement passe par une volonté artistique, celle de confronter un texte fort et poétique à la réalité contemporaine. C’est pourquoi, nous sommes entrés sur un champ de bataille. La mise en scène est donc une manière de se demander comment cette guerre des Amazones se déroulerait aujourd’hui.

Adrien, lui, dit qu’il a été touché par le monologue initial d’Ulysse, il a été très sensible à la langue. En revanche, parfois, les choses se sont mélangées, ce n’était pas simple de comprendre tout ce qui se passait et se disait.

Lorsqu’une spectatrice exprime son regret que les costumes ne soient pas « d’époque », Souhaïla réagit: c’est bien la liberté du metteur en scène que d’offrir une proposition artistique d’une œuvre. Pour elle, le choix n’est pas à remettre en cause.

La discussion touche à sa fin, nous allons voir la pièce le 28 mai et sommes curieux de découvrir si nos retours, lors de cette répétition générale, auront eu un impact sur la mise en scène.

Réponse dans quelques mois !

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Le temps des dominations coloniales…les traces du passé – Etapes 2 et 3

La seconde séance permet de réfléchir aux manifestations de la puissance européenne et aux conséquences sur les territoires et pour les populations concernées notamment à travers des extraits vidéo de Afrique(s), Une autre histoire du XXe siècle de Elikia M’Bokolo et Alain Ferrari
où alternent images d’archives et témoignages de témoins et d’acteurs du présent.

dvd_afriquesCette réflexion met en évidence la mise en valeur, l’exploitation et le bouleversement des économies et des sociétés indigènes.

Trace écrite

organigramme 2Enfin la dernière séance permet de mobiliser l’ensemble des connaissances acquises autour de l’étude d’un document iconographique : Les colonies françaises, couverture de cahier scolaire de G. Daschner vers 1900.

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Le temps des dominations coloniales…les traces du passé – Etape 1

En histoire, la séquence est conçue pour permettre à la fois une approche contextualisée de la colonisation, notamment à travers l’exposition coloniale de 1931, mais également une réflexion sur la permanence de stéréotypes dans la relation des occidentaux à « l’autre ».
C’est une façon d’appréhender les traces du passé encore vivaces.

La première séance confronte les représentations et les réalités de la colonisation pour comprendre comment les Européens se représentaient / se représentent les colonisés.

Pour lancer la séance, nous démarrons par un article de presse relatant les réactions suscitées par l’exposition « Exhibit B. » présentée au Cent Quatre à Paris.

Montrée à Avignon en 2013, puis au Cent Quatre à Paris, et ailleurs dans le monde, la pièce-performance Exhibit B, du Sud-Africain Brett Bailey, a été annulée à Londres en septembre, avant d’être perturbée au théâtre Gérard-Philipe (TGP) de Saint-Denis la semaine dernière. Une partie des représentations de jeudi a été empêchée par des manifestants, les suivantes se sont déroulées sous protection policière durant le week-end. De quoi parle cette pièce ? «Exhibit B est une installation-performance en douze tableaux vivants qui dénonce des actes commis, d’une part, en Afrique, pendant la période coloniale, et, d’autre part, aujourd’hui, en Europe, envers certains immigrés africains. Un pan occulté de notre histoire, dont les constructions idéologiques racistes perdurent jusqu’à nos jours», indique le site du CentQuatre, qui accueille à nouveau la pièce la semaine prochaine.
Les spectateurs déambulent dans ce qui rappelle un zoo humain colonial, où des acteurs noirs parfois nus, muets, les suivent du regard. Dès avant la reprise de l’installation au TGP, une pétition du collectif «Contre Exhibit B» avait circulé, signée par plus de 23 000 personnes, demandant l’annulation des représentations : «L’exposition met en scène des Noirs enchaînés et dans différentes positions dégradantes. […] Les figurants noirs sont embauchés dans chaque ville où l’exposition est présentée, et les spectateurs payent pour visiter un à un les Noirs, qui restent silencieux et immobiles. […] Nous voulons exprimer notre opposition indignée à cet événement raciste.»
Extrait de l’article de eric Loret, «Exhibit B», l’antiracisme en actes, Libération, 1 dec 2014

Peu à peu les réactions des uns et des autres fusent et des questions émergent : pourquoi cette vision des autres ? D’où vient-elle ? Pourquoi ce malaise ? Pourquoi ces questions historiques ont-elles encore un écho aujourd’hui ? etc.
La recherche d’information s’effectue à partir d’une série de documents centrés sur l’exposition coloniale de 1931 et la trace écrite s’élabore progressivement sous la forme d’un organigramme.

Quelques exemples de documents :  Extraits manuels scolaires des années 20

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Affiche officielle de l’exposition coloniale             Carte postale

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Plan de l’exposition coloniale

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nénuphar

f70.highresMozambique. Soldats landins des colonies et deux marimbas

paul reynaud

Trace écrite

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