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A temps…?

C’est le grand jour, un stress pour tous, les élèves, les profs de la classe qui tous les jours se sont relayés pour les accompagner et, bien sûr, Youlia et Hugo qui ont veillé au grain, faisant émerger les idées, guidant sans jamais imposer.
Le matin, les fidèles sont au poste, Yasmine, Nicolas, Jérémy, Narindra, Leïla, Kevin sont parmi les premiers. Onze heures arrive vite cependant, et on attend encore les retardataires pour le filage ultime. Pour patienter, on recense les costumes, on vérifie la musique, cela répète dans tous les coins. Un essayage de chaussures par ci, un texte à dire par là, les détails à améliorer ne manquent pas. Sera-t-on prêts à temps ?

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Le filage commence. L’image d’ensemble est réussie mais cela pêche encore par moments et, détail après détail, Youlia reprend. Plus fort la voix, muscle le texte, attention tu dois tenir le rythme, vas-y, n’hésite pas à te lâcher, gaffe à la démarche quand tu arrives…Les minutes glissent dangereusement. Notre dead line ? 12h30, histoire de faire une pause, de manger tranquillement, et de se retrouver en amont, à 13h30 avant l’arrivée des spectateurs. Nous n’aurons pas le temps de faire un second filage, trop de choses à caler. Etrangement, les élèves n’ont pas l’air d’avoir trop le trac. Ils se détendent sur les marches du lycée, au soleil, c’est bon signe.

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L’heure approche. Notre metteure en scène s’attache à restaurer la concentration, à détendre tout le monde avec des exercices très efficaces. Une drôle d’atmosphère règne, entre silence et agitation en coulisses.

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14 heures. Jean-Baptiste et Chloé des relations publiques du Théâtre des Quartiers d’Ivry sont déjà là. Dans le couloir, des bruits de pas. Les profs, des élèves, on fait entrer dans la salle 47, devenue théâtre. Un petit mot pour rappeler les enjeux du projet, dire que l’on est fiers du travail accompli et c’est parti pour presque trois quarts d’heure de représentation !
Yasmine et Souhaïla, jury intraitable, appellent un à un les projets retenus dans ce concours étrange qui condamne autant qu’il sauve. Qui sortira gagnant de cette course contre la montre ?

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En scène, Narindra interpelle avec force et culot le public, n’hésitant pas à choquer et on sent qu’elle s’amuse beaucoup !  Quant à Kevin, royal, il incarne son personnage avec le calme olympien et une prestance naturelle époustouflante ! Sa voix, basse et profonde, parvient même à dominer le public !

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Leur succède une scientifique allumée dont la démesure dépasse l’entendement…Leïla jubile à terroriser le jury…et les spectateurs ! Qui aurait cru qu’un si petit bout de femme susciterait une telle frayeur ? !!

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Et puis « la procrastination », grande idée portée avec brio par Nicolas et ses fameux acolytes, Tanguy, l’ouvrier chaplinesque du XXème siècle qui joue à merveille du comique de répétition, et Jérémy, irrésistible sur sa trottinette, dont le visage affiche un sourire béat à mourir de rire, tandis qu’en patron dynamique et novateur, Nicolas nous embarque !

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Plus retenu, Yanice dans le rôle d’un homme qui, contraint et forcé, vient nous dévoiler le secret de l’éternelle jeunesse. Déroulant une vie qui n’a tourné qu’autour de cette quête, ses mots révèlent la tristesse d’une existence, vécue sans amour.

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Enfin, c’est la « prédestination ». Changement de registre et de costume pour Jérémy qui défend la belle idée d’un destin auquel on tord le cou pour une société plus juste. Lui, l’homme riche, l’enfant des beaux quartiers et des grandes écoles, lui aussi a subi une fatalité et choisit la scène pour tomber la veste et devenir celui qu’il est, au rythme de Dalida… « Moi je veux mourir sur scène…devant les projecteurs ! »

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Les comédiens envahissent le plateau, les applaudissements surgissent…Un succès ! Tout le monde est impressionné par le travail accompli en si peu de temps !

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Remercions ici Hugo Paviot, auteur chaman, dont la patience et la ténacité ont aidé nos élèves à comprendre qu’une page noircie de mots et de ratures était un pas vers la littérature, et Youlia Zimina, metteure en scène volcanique qui, de nos acteurs en herbe, a fait jaillir des fleurs insoupçonnées.
Sans oublier les profs qui tout au long de l’année ont accompagné ce projet, dans leurs cours, les sorties scientifiques et artistiques et….les élèves qui, malgré tout, ont tenu le choc !

Mais ce projet n’est pas totalement fini…des sorties théâtrales encore nous attendent pour clore l’année en beauté !

Bravo à tous !

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Sous tension…

La fatigue se fait sentir. Le théâtre, c’est un véritable travail, et tous le comprennent, parfois à leurs dépens ! Les exercices youliesques, cependant, détendent toujours l’atmosphère, la pendule, déjà éprouvée il y a deux ans, rencontre toujours un vif succès !

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Inlassablement, le spectacle se tend, les voix timides portent haut et Kevin s’empare avec brio de son personnage tandis que Leïla, en savant fou, parvient à inquiéter durablement le spectateur !
Notre jury, lui aussi, gagne en sérieux et en prestance…
Quant à Nicolas, il s’éclate en patron…coooool, assisté par ses acolytes irrésistibles, Tanguy et Jérémy, qui jongle avec ses deux rôles.
Quant à Narindra, qui aurait cru qu’un jour, elle prend un grand plaisir à dire les mots qu’elle n’emploierait jamais en classe ! Le théâtre est un bon défouloir et les personnages ont bon dos.

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Cependant, le jeudi après-midi, les angoisses éclatent et les tensions sont palpables, au point que Youlia et Hugo prennent une heure pour rappeler les règles de la semaine, une atmosphère de travail dans la bienveillance mutuelle, avec un investissement pour le collectif. Mais nous ne sommes pas des professionnels, s’entendent-ils rétorquer. En effet, les élèves du Microlycée ne sont pas des auteurs ni des acteurs professionnels.

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Cela n’empêche pas que tout le monde nourrit pour eux une véritable ambition car nous les savons capables du meilleur. Mais cela ne vient pas tout seul, l’écriture, le jeu, la mise en scène, comme tout, nécessite une endurance et du travail. Les efforts à fournir sont grands, il faut se dépasser, prendre sur soi, s’oublier un peu, faire confiance…pas facile pour tout le monde. Au-delà, sans doute, le trac est là. Nos artistes rassurent et prennent le temps.

DSCF3085Le filage en fin de journée en est la preuve : une réussite car tous ont travaillé et progressé. Au bout du compte, les élèves sont heureux et impatients d’être au lendemain…
Bientôt le grand jour !

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Compte à rebours !

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Mercredi, c’est le passage de relais. Hugo finalise, avec les élèves, leurs textes. Nous en sommes à la mise en bouche. Ces textes, il s’agit de les malaxer, de les éprouver à l’oral pour voir comment ils fonctionnent. C’est toujours une épreuve, cette affaire-là. On croit que l’écriture, c’est fini, on est satisfait, fier même de sa création et soudain, c’est la désillusion ! Ce qui sonnait bien ne marche plus. Il faut retrancher, couper dans le vif…et ça fait mal !

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C’est à cela qu’Hugo, en douceur, prépare tous ces écrivains en herbe, au deuil nécessaire des mots aimés mais inutiles. Et cela ne se fait pas sans contestation ! Certains se battent pour conserver des répliques auxquels ils tiennent…On sent que cela ne va pas être simple !

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Au tour de notre vaillante Youlia ! Après la mastication des mots, leur projection dans l’arène théâtrale ! Les rôles se distribuent, on tente des choses, on réfléchit aux costumes…

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Il faut s’activer, la représentation est prévue dans moins de 48 heures…Ce temps, sur lequel nous avons tant disserté au cours de l’année, aujourd’hui nous fait défaut.Nos deux intervenants rappellent alors aux élèves la nécessité d’être ponctuels, désormais, pour que le travail présenté soit à la hauteur de nos ambitions…Pression, pression que tous ressentent !

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Les saynètes, drôles et émouvantes, prennent vie sous les traits de Kevin, Narindra, Yasmine, Nicolas, Jérémy, Tanguy, Yanice, Jean-Clément, Leïla. Certains se révèlent, et nous étonnent.

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Magie du théâtre qui métamorphose les grands timides en êtres lumineux et révèlent les énergies indomptables qui sommeillent chez les jeunes filles sages.

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Mais jouer, s’exposer aux yeux de tous reste un exercice difficile et exigeant. Inlassablement, on refait, on améliore, on rythme l’affaire, on muscle le texte, comme dit Youlia.

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A la fin de la journée, chacun a sa mission, qui a la nuit pour réécrire son texte, qui est chargé des accessoires, qui de la musique…Les heures s’égrènent dangereusement…Arrivera-t-on au bout de cette course contre la montre ?

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L’écriture…dernière ligne droite !

DSCF2874Deuxième jour…Le soleil toujours au rendez-vous nous permet de travailler à l’extérieur, nous en profitons ! Nous voilà repartis avec nos bâtons de samouraï, à coordonner nos gestes, à tenter de nous écouter de la manière la plus concentrée possible. De nouveaux joueurs sont de la partie, Hugo et Anna, qui ne déméritent pas dans l’exercice du A-SA-U-SU-O-SO-TUTTI FRUTTI…nous n’en dévoilerons pas plus !

DSCF2879Au compte-goutte, nos élèves arrivent et nous nous remettons à l’écriture. Les personnages sont déjà bien déterminés, certains textes sont presque terminés, d’autres peinent à démarrer. Les professeurs sont réquisitionnés pour tenter de faire repartir la machine mais, au final, les élèves y arrivent très bien tout seuls !
A l’issue de la matinée, tous les textes sont presque écrits. L’après-midi est consacrée au peaufinage. On confronte encore les versions de chacun et on avance, surtout, sur le lien qui reste à créer entre les saynètes. Cela se précise : nos personnages ont été enfermés dans une pièce et doivent produire une invention, une loi, quelque chose qui leur permettent de se racheter de leur vie ancienne. Un jury suprême décide de la valeur et de la qualité de leur travail.
Nous en sommes là.

DSCF2855Pour les trois jours à venir, le travail est encore long. Terminer l’écriture, encore ! Et surtout, commencer à s’atteler à la mise en scène…Et là, après le temps d’Hugo Paviot, notre auteur zen viendra celui de notre metteure en scène fougueuse, Youlia Zimina !

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Il est temps…de créer !

Lundi 13 avril, c’est le grand jour, nous entamons notre semaine de création théâtrale avec nos deux complices, Hugo Paviot et Youlia Zimina. Nous disposons de quatre jours et demi pour écrire, mettre en scène et jouer un texte théâtral inspiré des réflexions menées tout au long de l’année. Un défi ! Le temps est partout…et nous comptons sur lui pour nous accompagner avec bienveillance !

Premier exercice, travailler l’écoute et la concentration. Pour cela, Youlia dispose d’un accessoire radical: le bâton ! Voilà les élèves de première, les premiers arrivés, qui échangent leurs armes et peu à peu gagnent en dextérité.

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Peu à peu, un bon nombre est arrivé, on passe au temps de l’écriture. Hugo saisit l’outil indispensable à la réflexion collective…le paperboard !

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DSCF2836On récapitule tous les sujets envisagés, le brainstorming est en marche. Peu à peu, les idées émergent, on se dirige vers des saynètes, reliées par quoi ? Impossible de se déterminer pour l’instant. Néanmoins, on sent bien que cela prend, les idées se relient, forment un réseau de plus en plus cohérent. Faut-il imaginer un jeu télévisé ? Enfermer des profs et les soumettre à une compétition oratoire ?

La question reste en suspens et nous profitons du soleil pour pique-niquer…Travailler au Théâtre des Quartiers d’Ivry, cela a ses avantages ! On se détend, on bavarde, on croise une troupe en résidence dans laquelle on retrouve avec joie David Arribe, comédien phare des Culs de plomb !

DSCF2847Le café avalé, retour au travail. les groupes se forment par affinités avec le sujet et c’est parti ! Feuilles, papiers, crayons, nous sommes équipés pour l’écriture ! Les idées fusent, se jettent sur le papier, plus ou moins vite, mais toujours avec entrain. A la fin de la journée, nous sommes en mesure de dévoiler qui une trame, qui un texte déjà écrit, et de soumettre le tout aux oreilles attentives de la classe et des intervenants.

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A 17 heures, mission accomplie: l’embarquement pour le monde du théâtre a eu lieu et désormais nous comptons les heures jusqu’à vendredi, en espérant qu’elles ne nous joueront pas de mauvais tours…

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Dernière ligne droite !

Mardi 31 mars, nous recevions Hugo Paviot et Youlia Zimina pour les derniers préparatifs avant notre fameuse semaine de création théâtrale…point d’orgue du projet !

Première étape:  faire le point sur les dernières notions abordées en classe autour du Temps et sur les rencontres.

Voilà le produit de notre orage de cerveau !

Mathématiques  → Paradoxe de Zénon

Philosophie → temps subjectif/temps objectif : instauré par l’homme, un temps pour chacun, un temps réel

Les colonies → les zoos humains + Cannibale (Daeninckx) / Aimé Césaire
Les conséquences de la colonisation sur le monde actuel

Ivry Confluences → transformer un quartier

Roland Lehoucq → le temps dans l’espace
le temps est différent dans l’espace, suivant la vitesse à laquelle on va
Plusieurs dimensions

SES → le poids du temps sur la valeur d’un objet

Projet Penthésilée → un sujet d’une autre époque, mis au goût du jour

La vie de Galilée, Brecht → la temporalité de la pièce, sur 27 ans

Hugo Paviot, les Culs de Plomb  →  retours en arrière avec la guerre d’Algérie/
Temps de création = cocotte minute

Le moche – Perplexe → des moments différents + revenir en arrière par rapport à son physique. L’impossibilité de revenir en arrière après une opération

La mémoire ne flanche pas, elle est bien vive et les derniers mois restent encore bien frais dans les esprits !

Deuxième étape: Rappel des différentes idées, évoquées pour l’écriture, lors de la dernière rencontre avec nos intervenants

– Quelle est ma place dans l’avenir ?
– Vie programmé, vie vécue
– Aliénation par le temps

Et la grande question arrive…Avez-vous d’autres envies ?

C’est parti ! Félix et Nicolas se disputent la palme de l’imagination…

Honneur à Nicolas !

« Faire un truc marrant
Comme Playhouse : la déprime en rigolant.
La relation de chacun au quotidien »

Félix renchérit !

« Comme dans La planète des singes : être décalé par rapport à une époque.
Exemple : un homme qui n’a pas vieilli et dont la fille a vieilli. C’est elle qui se comporte comme la mère et lui, comme un ado.  Un décalage en âge qui fait rire

Mise en scène : en avant-scène un personnage/ en arrière-scène, sa mémoire. Par exemple aujourd’hui/ Les colonies »

Et ça fuse, ça fuse…Il poursuit !

« On pourrait faire des saynètes reliées entre elles par un objet (TV, photo…).
Sur plusieurs sujets, comme Perplexe, avec des changements de personnages.

Une scène dans l’espace
Une scène dans les colonies
Une scène de vie quotidienne
Une scène avec des jeunes qui s’interrogent
Etre à des années lumière du théâtre »

Nicolas trouve même un titre qui rappelle aux quarantenaires leur enfance…

« PLAYSCHOOL ! »

Et pour finir…Youlia questionne: « et vous ? Qu’attendez-vous de cette semaine ? »

Félix Un moment sympa

Nicolas Un dépassement de soi, du fair-play, jouer le jeu

Narindra Des vacances

Wendy Qu’on s’amuse

Jean-Clément Etre surpris

Melaaz Qu’on nous fasse découvrir et aimer l’écriture théâtrale

Kevin Une semaine passionnante

Jérémy Découverte et plaisir

Nino Découvrir le théâtre

Tanguy Un moment de partage et de liberté

Marine Une semaine de détente après le bac blanc

Chantal Qu’on s’amuse

Hugo conclut…Qu’on ne voit pas le temps passer !

Rendez-vous le 13 avril pour une semaine de création théâtrale palpitante…

Faisons palpiter nos imaginaires dans une ambiance chaleureuse et bienveillante !

Avec Roland Lehoucq…un voyage à la vitesse de la lumière !

2775934Jeudi 12 mars, l’aventure temporelle se poursuit avec un invité de marque, Roland Lehoucq, astrophysicien de renom, qui a accepté gentiment de prendre de son temps pour venir répondre à nos questions, toutes plus foisonnantes les unes que les autres ! C’est parti pour trois heures de rencontre, sans temps mort, totalement vertigineuses !

Est-ce que la gravité change le temps qui passe ?

[une première question des élèves qui nous met d’emblée dans l’ambiance…]

Dans le film « Interstellar », une heure sur une planète correspond à plusieurs années sur la Terre. Donc les gens qui vont sur cette planète ont moins vieilli que ceux qui sont restés sur la Terre. C’est un ressort dramatique du film mais est-ce possible ?

Explications : effectivement, la gravité influence l’écoulement du temps. Elle est liée à la chute des corps (Newton). Toutes les masses s’attirent entre elles (force de gravité de Newton qui dépend de la masse de la terre, de la distance de l’objet par rapport au centre de gravité de la Terre). Ex : sans air qui frotte, deux corps tombent à la même vitesse, quelle que soit leur masse (une plume et une enclume). Cela renvoie à la différence fondamentale entre le poids et la masse. La masse c’est la quantité de matière qui constitue un objet ; la masse est donc toujours la même dans l’espace, sur la Terre ou sur la Lune… Le poids mesure l’influence de la force de gravité sur la masse, force avec laquelle la Terre attire la masse. Le poids est donc différent sur la Terre ou sur la Lune mais leur force de gravité est différente. La gravité de la Lune est environ 6 fois moindre que celle de la Terre. Celle du Soleil est 26 fois supérieure à celle de la Terre. Tout se passe comme si le centre de gravité de la Terre « tirait » avec une force sur le centre de gravité de l’objet. Le fait que les planètes tournent autour d’une autre planète, c’est parce qu’elle sont attirées par elle. La gravité a été découverte par Galilée, grâce aux expériences qu’il a faites, puis par Newton qui l’a théorisée. Einstein a proposé une autre théorie de la gravitation plus générale que la théorie de Newton qui fonctionnait plutôt bien pour expliquer beaucoup de phénomènes mais qui ne fonctionnait pas pour expliquer certains phénomènes. Einstein a élaboré la théorie de la relativité générale qui montre que la gravité a une influence sur le temps. Theorie que l’on tente toujours de vérifier par des exepriences de plus en plus précises et qui valident toujours cette théorie. Une théorie n’est scientifique que si elle rend compte des apparences du monde et si elle fait des prédictions qui seront à plus ou long terme, vérifiées ou confirmées par des expériences.

note 3 mars 1031Ex : si on prend deux horloges, une sur la Terre et l’autre en satellite autour de la Terre, en orbite, de façon à ce que la première subisse davantage que la seconde, la gravité de la Terre. Ces horloges sont des horloges atomiques, d’une précision extraordinaire. Par cette expérience, on va observer un léger décalage entre les deux horloges, de l’ordre de 46 millionièmes de seconde par jour : l’horloge terrienne va subir plus que l’horloge satellitaire la gravité de la Terre et donc l’écoulement du temps. En quelque sorte, elle « vieillit » plus vite. Autrement dit, l’horloge au sol retardera par rapport à l’autre, située en altitude. Cette différence peut paraître dérisoire, parce qu’elle n’est pas perçue par nos sens d’humains, mais elle peut avoir de très importantes conséquences. Par exemple, elle peut engendrer des erreurs de positionnement par GPS de plusieurs kilomètres. Quel intérêt d’utiliser un GPS qui nous positionnerait à quelques kilomètres de notre position réelle ? Conséquence : il faut corriger cette erreur de calcul. Un GPS reçoit en effet des ondes radio envoyées par les satellites et en déduit sa position dans l’espace. Les ondes radio (comme la lumières) permettent de mesurer la distance parcourue par la lumière en x secondes : le temps mis par la lumière pour aller d’un point a un autre permet d’en déduire la distance entre ces deux points puisqu’on connaît la vitesse de la lumière (vitesse = distance / temps). Quatre satellites sont nécessaires pour avoir les quatre coordonnées d’un GPS dans l’espace-temps : altitude, latitude, longitude et heure. Ainsi, à cause de la différence dans l’écoulement du temps, de 46 millionièmes de seconde par jour, entre un satellite et la Terre, il faut corriger par le calcul la position du GPS, pour qu’elle soit correcte. note 3 mars 1037La vitesse de la lumière est de 300000km par seconde. La lumière est donc capable de faire 7,5 fois le tour de la Terre en une seule seconde. C’est Fizeau qui est un des premiers à mesurer la vitesse de la lumière et qui ont fait la différence entre la vitesse de la lumière, la vitesse du son et la vitesse de l’objet. L’effet Doppler-Fizeau est dû au mouvement relatif entre la source et l’observateur: il la perçoit plus bleue qu’elle n’est si elle vient vers lui, et plus rouge, si elle s’éloigne. En général, la vitesse d’un objet est relative selon la place de l’observateur. La vitesse d’un objet par rapport au sol et par rapport à un observateur fixe est la même ; elle est deux fois plus grande que la vitesse de l’objet au sol, pour un observateur qui croise l’objet à la même vitesse ; elle est nulle pour un observateur qui va à la même vitesse par rapport au sol que l’objet. Mais, en ce qui concerne la vitesse de la lumière, elle a la propriété particulière d’être la même quelle que soit la place et la vitesse de l’observateur. La vitesse de la lumière ne se compose pas avec les autres vitesses (elle ne s’additionne pas et ne soustrait pas aux autres vitesses). C’est dû à des propriétés fondamentales de l’espace : homogénéité de l’espace, isotropie, uniformité du temps et principe de causalité. Grâce à ces propriétés, on peut démontrer qu’il existe une vitesse identique dans tous les référentiels (vitesse invariante). Cette vitesse, on ne sait pas ce qu’elle est, mais on a montré que la vitesse de la lumière a ces propriétés. N’importe quel objet sans masse, comme une particule, a les mêmes propriétés que la vitesse de la lumière. Cette vitesse ne peut pas être dépassée. La vitesse de la lumière est très grande et finie. Est-ce qu’un observateur voit une réalité au même moment où celle-ci se produit ? Non, car il y a le délai de la vitesse de la lumière ; mais ce décalage, dans la vie courante (un clignement d’œil ou une voiture qui se déplace sur une route) n’est pas perceptible par les sens humains. [imaginons un personnage qui aurait la possibilité de percevoir ce décalage et qui, du coup, serait tout le temps en décalage avec les autres parce qu’il serait « calé » sur la réalité et non la perception que les autres en ont…].

Le « paradoxe des jumeaux » ?

note 3 mars 1036 Si on reprend l’expérience des deux horloges, avec une qui reste sur Terre et l’autre qui fait un grand voyage dans l’espace à très grande vitesse et qu’on revient sur Terre, chacune mesurant avec une grande précision la durée de leur voyage, on va pouvoir observer que l’horloge terrienne va trouver un temps plus long que celle qui a voyagé. L’horloge qui a voyagé a donc donc moins « senti » le temps terrien qui passe. En remplaçant les horloges par deux jumeaux, on pourrait montrer que celui qui est resté sur Terre a plus vieilli que celui qui a voyagé. [Les voyages forment la jeunesse !!!] C’est l’effet de dilatation des durées, montré par des expériences, qui vérifie la théorie d’Einstein (1905). La théorie d’Einstein est donc encore valide, parce que l’on n’a pas encore réussi à faire des expériences qui l’infirment.

Prédiction ?

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La dernière heure, on part toujours plus loin, Roland Lehoucq nous parle de sa « prédiction », la sienne et celle de ses copains sur l’univers. Parce que lui, en tant que physicien, il n’aime pas trop les infinis. Les profs de maths réagissent: les infinis, c’est leur domaine ! Le ton est bon enfant, l’astrophysicien poursuit: les infinis, nous, ça nous titille !

Notre prédiction, c’est que l’univers est fini mais non-limité. Compliqué ! Le scientifique nous explique avec une simple feuille A4. Si on la regarde comme ça, elle est finie et bornée par ses bords. Si on la roule en cylindre, elle n’est plus bornée que de deux côtés. L’hypothèse, donc, c’est que l’univers est clos sur lui-même. Mais comment la confirmer ? L’explication devient de plus en plus complexe. Pour vérifier cette prédiction, on devrait voir, dans l’univers, des structures particulières, trouver des paires de cercles qui soient constitués d’un enchaînement chaud-froid toujours semblable.

Fascinant ! On se prend à espérer que l’on apprendra un jour que cette prédiction s’est réalisée !

En attendant, une question de Félix. SI l’on s’enferme dans un SAS et que le temps passe plus vite en extérieur, en imaginant que le SAS soit une fusée et que dix ans à l’intérieur équivalent à un million d’années sur Terre, pourrais-je découvrir des civilisations sur d’autres planètes qui n’existaient pas quand j’étais sur Terre. Le scientifique acquiesce et ajoute: » Si tu revenais, le monde aurait disparu ! » Il en profite pour nous conseille Tau Zéro, un roman de science-fiction de  Poul Anderson, qui relate une situation sensiblement identique…On note !

Mais alors le Temps, qu’est-ce que c’est ?

DSC_1326On retiendra que ce qu’on appelle une distance, dans l’espace, ne vaut que parce qu’elle est spatio-temporelle. Le Temps est donc…une distance !

L’heure a tourné, le temps, comme toujours, nous échappe !

Nous remercions chaleureusement Roland Lehoucq pour sa disponibilité, sa gentillesse, ses explications lumineuses et habitées et pour avoir su traduire son langage, celui des équations, en un verbe qui nous soit plus accessible…

Merci à Sandrine pour ses notes virtuoses des deux premières heures de rencontre !

La matière noire, nous a dit Roland Lehoucq, c’est l’invisible qui explique le visible…

Une autre définition de la poésie…