« Projet Penthésilée »…une plongée contemporaine dans le monde antique !

Mardi 3 mars, la classe de 1ère ES-L est de sortie !

Le théâtre de Choisy le Roi nous a invités à assister à une répétition publique de Projet Penthésilée, une pièce de Heinrich Von Kleist (XVIIIème) , mise en scène par CatherineBoskowitz.

Nous arrivons sans savoir grand chose de la pièce, sinon cet argument:

17-Penthesilee©DR-200x250Chef de l’armée des Amazones, Penthésilée conduit ses guerrières sous les murs de Troie. Insensibles à la querelle qui oppose Grecs et Troyens, elles renversent tout sur leur passage. Assoiffée de liberté, Penthésilée refuse la loi des hommes, mais également celle de son peuple qui lui interdit de choisir l’homme qu’elle désire. L’histoire de Penthésilée entre en résonance avec celle de femmes surgies des luttes armées des années 70 ou des révolutions plus récentes comme celles du printemps arabe. Par leurs gestes extrêmes, leur désobéissance, elles défient les lois de représentations du genre féminin. Catherine Boskowitz s’empare du poème Penthésilée écrit par Heinrich von Kleist. Elle crée dans l’histoire de cette guerrière des interstices dans lesquels elle laisse apparaître les silhouettes de celles qui ont choisi de ne plus obéir. Elle tisse ainsi la toile de fond d’une réflexion sur la perception et le rôle de la femme, sur la désobéissance et la violence.

C’est alléchant, pour autant, cela ne nous a pas préparés à ce que nous allons découvrir ce soir-là. Quand nous entrons dans la salle, l’atmosphère est très étrange. Le plateau et les sièges des spectateurs sont recouverts d’une bâche noire, des objets épars habitent la scène, des gens circulent dont on ne sait s’ils sont comédiens. Notre entrée est timide. Spontanément, tout le monde s’entasse côté spectateurs mais cela ne dure pas. On vient nous chercher.

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Une femme blonde, altière, une rose à la main, s’avance vers nous et fait à chacun une déclaration d’amour. Nous sommes tous gênés ! On rit, mal à l’aise. Les uns se font entraîner dans des espaces du plateau, un petit groupe se retrouve installé par une comédienne en béquille dans des sièges apportés sur la scène, les autres suivent un comédien qui les enjoint de frapper des mains, accroupis.

IMG_0244Bizarre !

Et puis, le spectacle commence. Nous assistons à trois scènes de Projet Penthésilée, et la langue du XVIIIème, traduite par Julien Gracq, est jetée dans un champ de bataille contemporain où se rencontrent les images des drones, les soldats qui font des selfies, personnages porteurs d’une histoire antique qui résonne dans l’actualité.

Les spectateurs n’ont pas de répit, la scène est aussi dans la salle. Il faut avoir les yeux partout.

A l’issue de cette heure de découverte, nous nous installons pour discuter avec l’équipe du spectacle.

Les élèves sont très réactifs.

Yasmine dit qu’elle a beaucoup aimé la discussion avec la comédienne en béquille, maquillée en clown, sur la question de la douleur et de nos trucs à tous pour la supporter. Mais elle émet une réserve, elle s’est sentie profondément trahie quand, après avoir fini de se maquiller, la comédienne a ôté son attelle et marché tout à fait normalement. La question du mensonge, du jeu, du masque, surgit. L’équipe se montre très intéressée par ce retour qu’elle n’avait pas imaginée !

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Félix, quant à lui, revient sur l’usage des vidéos. Il dit à quel point sa génération, une génération ultra connectée, est spontanément attirée par les écrans sur scène au détriment des personnages et du texte.Cependant, il explique que ça l’a intéressé d’autant qu’il a reconnu les vidéos. Catherine Boskowitz est surprise. Félix enchaîne et l’interroge sur la genèse du projet. La metteure en scène explique qu’elle le porte depuis de nombreuses années. Elle circule beaucoup à travers la planète et notamment dans les pays en guerre et, en tant que citoyenne du monde, son engagement passe par une volonté artistique, celle de confronter un texte fort et poétique à la réalité contemporaine. C’est pourquoi, nous sommes entrés sur un champ de bataille. La mise en scène est donc une manière de se demander comment cette guerre des Amazones se déroulerait aujourd’hui.

Adrien, lui, dit qu’il a été touché par le monologue initial d’Ulysse, il a été très sensible à la langue. En revanche, parfois, les choses se sont mélangées, ce n’était pas simple de comprendre tout ce qui se passait et se disait.

Lorsqu’une spectatrice exprime son regret que les costumes ne soient pas « d’époque », Souhaïla réagit: c’est bien la liberté du metteur en scène que d’offrir une proposition artistique d’une œuvre. Pour elle, le choix n’est pas à remettre en cause.

La discussion touche à sa fin, nous allons voir la pièce le 28 mai et sommes curieux de découvrir si nos retours, lors de cette répétition générale, auront eu un impact sur la mise en scène.

Réponse dans quelques mois !

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